Nouveaux horizons

1 – Vers l’armée de métier, partie I, 3, Politique / 1934

L’ère des grandes conquêtes est close…/…

Rien ne prévaut contre l’esprit du temps.

2 – Discours / Congrès, Washington / 25 avril 1960

La machine a pris le pouvoir sur la terre.

3 – Inauguration de l’Aérogare d’Orly / 23 février 1961

Car, par contraste avec une autre époque où l’activité intérieure était comme bloquée sous une sorte de plafond, voici qu’en l’ère industrielle, notre pays s’aperçoit que toutes ses limites reculent, qu’il a en lui toutes les sources de la puissance et du rayonnement et qu’il peut se transformer, au point d’être, une fois de plus, l’un des plus jeunes et des plus grands.

4 – Plan / voyage dans le sud-ouest / 12-16 avril 1961

L’ère moderne a déclenché, parmi les nations civilisées, un vaste essor de progrès tel que le peuple qui n’y participerait pas serait tôt laissé pour compte, une concurrence scientifique, technique, économique, sociale, telle que le peuple qui n’y figurerait pas se trouverait vite mis hors de question. La France doit être dans ce mouvement et l’un des peuples du peloton de tête.

5 – Allocution / Palais de l’Elysée / 12 juillet 1961

“Ce ne sont pas uniquement les machines et les crédits qui font le progrès, c’est avant tout la valeur des hommes. Nous avons donc engagé un gigantesque effort d’instruction et, en même temps, réformé profondément l’enseignement national…./…

La France a épousé son siècle. Cela veut dire qu’elle accomplit une vaste transformation tout en vivant dans un monde difficile…./…

La France, c’est donc des usines, des mines, des chantiers, des bureaux d’études.

6 – Allocution / Palais de l’Elysée / 4 novembre 1961

Le progrès de la science et de la technique ouvre à notre pays des horizons de développement dont les limites reculent tous les jours.

7 – Allocution / Ecole Militaire / 15 février 1963

Il n’y a pas d’indépendance imaginable s’il [un pays] ne dispose pas d’un armement nucléaire, parce que, s’il n’en a pas, il est forcé de s’en remettre à un autre, qui en a, de sa sécurité et par conséquent, de sa politique.

8 – Conférence de presse / l’Elysée / 31 janvier 1964

Il y a une civilisation moderne. L’Europe l’inventa et, ensuite, la transporta en Amérique. Aujourd’hui, l’Occident de part et d’autre de l’Atlantique, en demeure la source et l’artisan. Combiner le travail humain avec le rendement des machines, c’est en quoi consiste cet immense effort de progrès. La science, la technique, la politique, s’y appliquent essentiellement. …/…

Mais, quoi qu’il en soit, deux milliards d’hommes prétendent aujourd’hui au progrès, au mieux-être et à la dignité. Depuis que le monde est le monde, il y a là un fait dont l’importance et la dimension n’ont jamais été égalées.

9 – Discours / Université de Mexico / 18 mars 1964

Une cause, celle de l’Homme; une nécessité, celle du progrès mondial et, par conséquent, de l’aide à tous les pays qui la souhaitent pour leur développement; un devoir, celui de la paix, sont, pour notre espèce, les conditions mêmes de sa vie.

10 – Conférence de presse / l’Elysée / 4 février 1965

Sous l’impulsion de la machine, l’économie moderne est en perpétuel mouvement.

11 – Allocution / Palais de l’Elysée / 27 avril 1965

Nous devons aussi soutenir coûte que coûte la concurrence dans les secteurs de pointe, qui commandent la valeur, l’autonomie, la vie, de tout l’ensemble industriel.

12 – Inauguration, Tunnel du Mont Blanc / 16 juillet 1965

Notre époque, parce qu’elle est celle des machines, ouvre une immense carrière à l’audace et à la puissance techniques.

13 – Discours / Université de Moscou / 22 juin 1966

Culture, science, progrès. voilà ce qui, à notre époque au lieu des rêves de conquête et de domination d’antan, appelle et justifie les ambitions nationales. Voilà sur quoi doivent se rencontrer les peuples d’où procède la civilisation moderne. Voilà dans quel but peut être scellée l’alliance nouvelle de la Russie et de la France.

14 – Toast adressé à M. Kossyguine / 1 décembre 1966

Enfin, pour qu’apparaisse une Europe rassemblée, il lui faut des ambitions. Lesquelles ? Celles que lui commande notre époque: à l’intérieur d’elle-même, le développement, scientifique, technique, économique, dont désormais tout dépend et qui est le meilleur terrain de convergence internationale; à l’extérieur, outre l’exploration de l’espace qu’une Europe unie poursuivrait avec des chances illimitées, un concours concerté à apporter, partout dans le monde, à l’avance des peuples retardés ainsi qu’au maintien de la paix.

15 – Brouillon, manifeste de politique générale / fin 1966

Pour les Français, l’avenir doit être le progrès. Le progrès, c’est-à-dire la prospérité et la justice.

16 – Réponse à M. Demirel / 26 octobre 1968

Les capacités scientifiques et techniques constituent partout, dans les temps modernes, le levain nécessaire pour faire lever la pâte nationale.

17 – Allocution radiodif. & télévisée / 11 mars 1969

A ce mouvement s’opposent et s’opposeront, d’une part ceux qui s’acharnent vulgairement à casser tout ce qui est et à empêcher de naître tout ce qui pourrait exister, d’autre part ceux qui ne cherchent à exciter et à capter toutes les impatiences et tous les mécontentements au profit de leur conjuration pour enfermer un jour notre peuple dans la prison totalitaire, enfin ceux qui refusent toute transformation et prétendent que le couvercle soit vissé sur la marmite.

18 – Mémoires d’espoir, Le renouveau / 1970

A l’ère industrielle, il [notre pays] doit être compétitif. A l’ère de la science et de la technique, il doit cultiver la recherche…/…

Expansion, productivité, concurrence, concentration, voilà, bien évidemment, les règles que doit dorénavant s’imposer l’économie française, traditionnellement circonspecte, conservatrice, protégée, et dispersée.

Participation & Régionalisation

1 – Discours / Université d’Oxford / 25 novembre 1941

Si complète que puisse être un jour la victoire des armées, des flottes, des escadrilles, des nations démocratiques, si habile et prévoyante que se révèle ensuite leur politique vis-à-vis de ceux qu’elles auraient, cette fois encore, abattus, rien n’empêchera la menace de renaître plus redoutable que jamais, rien ne garantira la paix, rien ne sauvera l’ordre du monde, si le parti de la libération, au milieu de l’évolution imposée aux sociétés par le progrès mécanique moderne, ne parvient pas à construire un ordre tel que la liberté, la sécurité, la dignité de chacun y soient exaltées et garanties, au point de lui paraître plus désirable que n’importe quels avantages offerts par son effacement. On ne voit pas d’autre moyen d’assurer en définitive la triomphe de l’esprit sur la matière. Car, en dernier ressort, c’est bien de cela qu’il s’agit.

2 – Discours prononcé à Nevers, le 13 juin 1948

Les machines sont cause de ceci que partout, même aux champs, les hommes dépendent de plus en plus les uns des autres.

3 – Comités professionnels du R.P.F. / 31 août 1948

L’association, c’est-à-dire un système tel que, du moment que des hommes travaillent ensemble à toute espèce de chose, dans une même œuvre productrice, autrement dit, dans une même entreprise, il doit se constituer entre eux, non pas un contrat d’employeur à employé mais un contrat de société.

4 – Discours à Paris, Bagatelle, le 1er mai 1950

“Un jour, la machine a paru. Le capital l’a épousée. Le couple a pris possession du monde. …/…

Car, c’est bien la question sociale, toujours posée, jamais résolue, qui est à l’origine des grandes secousses subies depuis trente-cinq ans.

5 – Discours, Place de la République, Paris, le 4 sept. 1958

Sous peine de devenir un peuple périmé et dédaigné, il nous faut, dans les domaines scientifique, économique, social, évoluer rapidement.

6 – Allocution radio. et télé. / l’Elysée / 12 juillet 1961

Un pareil renouvellement bouleverse l’équilibre ancien. Dans certaines régions se concentrent l’activité et la population, tandis qu’en d’autres l’essor se trouve ralenti ou empêché par les distances, le manque de ressources, l’insuffisance des communications. D’où la nécessité de répartir ce qui peut l’être pour limiter d’excessives différences. D’autre part, les grands courants économiques qui innervent notre pays et le relient à l’extérieur nous imposent, quant à nos chemins de fer, à nos routes, à nos ports, à nos canaux, à nos aérodromes, des travaux proportionnés à nos progrès et à l’enjeu.

7 – Allocution radio. et télévisée du 31 déc. 1966

Pour que la France poursuive son progrès, pour qu’elle maintienne son indépendance, pour qu’elle appuie la cause de la paix, il lui faut des pouvoirs publics qui soient solides, populaires, continus.

8 – Conférence de presse, Elysée, le 16 mai 1967

L’avantage qu’il y a pour la France à se transformer comme l’exigent l’évolution et la concurrence entraîne inévitablement saccades et difficultés qu’il faut savoir admettre et surmonter…/…Le fait qui domine notre pays en notre temps s’exprime en un maître-mot : mutation.

9 – Entretien avec M. Michel DROIT, le 7 juin 1968

Délibérer c’est le fait de plusieurs et agir c’est le fait d’un seul; ce sera vrai dans la participation comme c’est vrai partout et dans tous les domaines…./…

Il y a une troisième solution : c’est la participation, qui, elle, change la condition de l’homme au milieu de la civilisation moderne.

10 – Mémoires d’espoir, T 1, le renouveau / 1970

Je suis convaincu qu’il manque à la société mécanique moderne un ressort humain qui assure son équilibre.

11 – Conférence de presse / Elysée / 28 oct. 1966

Le changement qu’il faut apporter à la condition ouvrière, c’est l’association active du travail à l’œuvre économique qu’il contribue à accomplir.

12 – Conférence de presse / l’Elysée / 9 sept. 1968

Au total, compte tenu de tout et notamment du caractère éminemment économique et social de notre époque, la fusion du Sénat et du Conseil économique et social en une seule assemblée, telle que les catégories intéressées y délibèrent des problèmes avant que la loi ne tranche, constitue un élément essentiel de la participation que nous voulons instituer.

13 – Allocution / Quimper / 2 février 1969

Dans l’immense transformation que notre France est en train d’accomplir au cours de ce demi-siècle, une question s’est posée dont dépendait son destin. La nation serait-elle saisie tout entière, sur tout son territoire, dans toute sa population, par l’évolution mécanique, technique et industrielle moderne ? Ou bien, limitant son effort aux régions qui semblaient s’y prêter le mieux, laisserait-elle les autres en arrière du progrès ? Je dis aujourd’hui, à Quimper, que le choix est fait. Notre pays, qui, au long des siècles, est devenu ce qu’il est par la réunion des provinces dont chacune lui a apporté ses ressources, son cœur, son esprit, sa valeur, a décidé de vivre ardemment sa vie nouvelle, non pas seulement en telle ou telle contrée, mais partout où il est la France, entre l’Atlantique, la Manche, la mer du Nord, le bassin du Rhin, les Alpes, la Méditerranée, les Pyrénées.

14 – Entretien avec M. Michel Droit / 10 avril 1969

Personne ne doute, en effet, que si les agitateurs du printemps de l’an dernier ont pu obnubiler tant de monde, c’est parce qu’ils ont trouvé à exploiter le malaise des rapports humains dans la société mécanique moderne, malaise profond qui, d’ailleurs, ronge les régimes issus du vieux marxisme, en même temps qu’il ébranle ceux qui s’en tiennent à l’ancien capitalisme. Rien n’est donc plus important, pour l’équilibre moral et social de la France, qu’une organisation nouvelle des contacts et de la coopération entre ceux qui dirigent et ceux qui sont dirigés, par exemple entre les enseignants et les étudiants, entre les chefs d’entreprise et le personnel, entre l’administration et les administrés.