III. Modèle

Au début des années 2000, l'innovation est une boîte noire, objet de multiples analyses sur les facteurs déterminants, sans approche synthétique. La représentation ci-dessus illustre la complexité de ces approches et l'impossibilité d'en faire une synthèse opérationnelle.
Au début des années 2000, l’innovation est une boîte noire, objet de multiples analyses sur les facteurs déterminants, sans approche synthétique. La représentation ci-dessus illustre la complexité de ces approches et l’impossibilité d’en faire une synthèse opérationnelle.

Nous pensons qu’il faut abandonner la vision actuelle d’un processus linéaire et mécanique qui domine encore la pensée sur l’innovation. Cette vision résulte d’une lecture rapide de Schumpeter. Le processus linéaire que l’on retient généralement de Schumpeter est bien réel, mais comme les canaux sur Mars, il provient d’une illusion d’optique qui nous fait confondre une succession d’états avec une relation de cause à effet. Il en serait de même si l’on essayait de définir un processus de type cyclique ou biologique (vibrionnaire ou contagieux ?). Tous ces modèles de nature mécanique ou biologique doivent être oubliés malgré leurs qualités pédagogiques dans certains cas.

Cette partie dénommée « modèle ». Le terme exact serait paradigme, mot difficile et ignoré de la majorité, qui désigne un objet ou un concept dans ses caractéristiques essentielles.

Un objet : Une table est une surface plane et horizontale avec des pieds autour de laquelle on peut s’asseoir pour manger ou écrire. Une voiture a un habitacle avec des sièges, un poste de conduite avec un volant et quatre roues + un moteur à essence. Un concept : une innovation est un processus qui part de la recherche fondamentale et va jusqu’au produit nouveau en passant par la recherche appliquée, le développement technique et industriel puis la commercialisation. Pour une personne, on parle alors souvent de caricature : un français avec son béret et sa baguette sous le bras.

Cette partie définit les caractéristiques d’un modèle global qui intègre l’ensemble du processus et permet de le penser au quotidien. Ce modèle est complexe car il intègre les approches humaines, rationnelles et le culturelles.

Dans la partie III dénommée « économie », le lecteur trouvera une théorie économique de l’innovation, nécessairement plus simpliste et mécaniste que la vision globale présentée ici. Cette théorie économique de l’innovation précise le raisonnement économique pur sur l’innovation et en définit les modalités rationnelles. Il faut rappeler que le modèle défini ici est largement éclairé par la partie économique mais qu’inversement, celle-ci peut s’adapter à d’autres modèles.

Impossibilité de penser l’innovation :

Notre méconnaissance de la réalité profonde de l’innovation qui reste une sorte de hiéroglyphe polysémique, nous conduit à lui appliquer une analyse multicritères qui ne lui donne aucun sens faute d’une compréhension globale du phénomène. À défaut, nous sommes réduits à utiliser le vieux modèle linéaire et mécanique qui est pour l’essentiel faux. A ce jour, nous sommes donc incapables de réunir dans une vision synthétique claire et mémorisable, les différentes analyses du processus innovant ; et en conséquence, nous ne pouvons pas penser l’innovation en raison de sa trop grande complexité.

Nous sommes face à une réalité humaine, ce qu’Edgar Morin qualifie de « phénomène complexe », c’est-à-dire d’un phénomène qui ne peut s’analyser aisément selon la procédure cartésienne de division en parties toujours plus petites jusqu’à arriver à quelque chose de compréhensible aisément avec des règles simples et quasi-linéaires, à tout le moins mécaniques. Toutes les tentatives d’analyse rationnelle ont échoué jusqu’à ce jour.

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Mais ce constat ne doit pas nous décourager de trouver des modèles opérationnels et scientifiques qui nous aident à mieux penser et maîtriser ce phénomène. Si l’on voulait retenir une image, nous proposons (voir infra) l’image de la tuyère qui intègre justement une transformation radicale de nature mal connue, la combustion. Mais ce n’est qu’une image et non le support d’un raisonnement. Accepter la complexité ne doit pas conduire à accepter une boîte noire qu’on estime de nature irrationnelle, c’est-à-dire quasi-divine. L’astrologie, savoir complexe, n’est devenue astronomie qu’après de longs siècles de travaux qui ont permis de voir l’essentiel derrière le phénomène complexe. L’homme a su marcher sans connaître les principes de la mécanique etc. Les exemples d’une maîtrise non rationnelle de phénomènes apparemment complexes sont nombreux. Puis, les progrès de la connaissance permettent parfois de transformer des domaines complexes en un domaine connu.

Cela veut dire qu’il nous faut continuer de démêler les fils invisibles de la boîte noire. Et tant que nous ne sommes pas capables de le faire rationnellement, il faut s’efforcer d’intégrer les éléments non rationalisables dans un ensemble raisonnable mais pas totalement rationnel.

Durant nos travaux préparatoires à cet ouvrage, notre démarche était un dialogue permanent entre un modèle économique rationnel et un modèle social et culturel. Nous avons choisi de présenter le modèle global en premier. Il faut souligner ici que, malgré leurs relations dans nos travaux, ces deux modèles (le modèle économique rationnel) et le modèle socioculturel global, ne sont pas équivalents : le modèle économique simplifié de la parti IV peut s’appliquer à bien d’autres modèles socio-économiques, notamment celui de Schumpeter. Nous pensons même qu’il établit les bases durables d’une théorie économique de l’innovation. Les règles et les concepts fondamentaux resteront durablement au cœur de toute théorie économique de l’innovation. Par nature, notre modèle socio-économique reste plus fragile. Comme toute approche sociologique, c’est une analyse provisoire, établie dans le cadre de connaissances susceptibles de larges évolutions.

Méthodologie & première approche générale :

Si nous devions justifier une approche multidisciplinaire de l’innovation, il serait possible de faire référence aux travaux de Pierre Bourdieu qui soulignent les limites intellectuelles des approches purement économiques ou structuralistes et la nécessité d’intégrer des visions historiques ou sociales pour traiter de l’innovation.

Essayons de résumer ici la démarche fondamentale : Pierre Bourdieu déplace le regard du sociologue depuis l’objet observé vers l’acte d’observation et donc vers l’observateur lui-même. Il redéfinit la question centrale des sciences humaines comme celle du rapport juste à l’objet. Il fonde son analyse sur 4 idées majeures :

  1. Le social est présent dans tous les actes économiques.
  2. L’Homo Oeconomicus est aussi un individu historique et ses besoins ou ses souhaits s’intègrent dans cette histoire sociale et économique, ce qui constitue l’essentiel de la notion « d’habitus » définie par Pierre Bourdieu.
    Pour nous, l’habitus est une façon de souligner que les décisions économiques ont une part purement rationnelle et une part raisonnable mais pas forcément rationnelle et qui est le produit de l’habitus. Cette part est la liberté de l’homme par rapport à sa survie. C’est aussi son luxe. C’est ce qui ne ressort pas de la pure nécessité rationnelle. Il peut s’y mêler l’exercice d’une pure liberté et celui d’un pur conditionnement culturel au point de lui faire prendre des décisions contraires à son intérêt immédiat ou historique comme ce fut le cas pour l’interdit religieux sur l’imprimerie dans la Turquie du XV° au XIX° siècle. On retrouve ici une convergence avec Kahneman et Shapira sur la part irrationnelle des processus de décision (voir aussi le point 4 ci-après).
  3. L’espace social est présenté comme un champ de force ou de lutte au sein duquel les individus occupent des positions déterminées par le capital accumulé au cours de leur vie. Ceci donne lieu à des rapports de force et des relations de pouvoir.
  4. Les agents économiques décident à partir de l’expérience acquise et sont donc plutôt raisonnables que rationnels.
    Si nous ne suivons pas la méthode exacte, ni le vocabulaire de Pierre Bourdieu, il est clair que nous avons repris certains éléments pour mettre en évidence le caractère social et économique de l’innovation, avec un individu responsable de la synthèse. L’habitus de l’innovateur n’est pas difficile à identifier et la caractérisation des sociétés et des familles qui en sont « porteuses » est assez aisée. La question de l’autonomie sociale de cet individu serait évidemment un grand sujet de débat entre les partisans d’une vision mythologique de l’innovation (en devenant le porteur de l’innovation, l’individu devient un dieu ou un saint) et les partisans d’une vision structuraliste (l’individu n’est que le produit et l’agent d’une structure sociale). Et il est probable que les deux sont partiellement vrais. D’ailleurs la mythologie est habitée par la notion de destin qui renvoie directement à celle de la prédétermination des individus par leur environnement.

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Démarche :

Plusieurs éléments économiques, historiques et sociologiques, précisés ci-dessus dans la partie I, permettent aujourd’hui d’esquisser un nouveau modèle de pensée sur l’innovation. La confrontation de ces logiques nouvelles et leur mise en cohérence conduisent à définir les caractéristiques d’une nouvelle vision de l’innovation et permettent d’esquisser un nouveau modèle de pensée sur l’innovation sur les bases suivantes :

  1. L’innovation est un phénomène long, continu, multidimensionnel et complexe : social, individuel, économique et culturel. Dans nos vieilles sociétés lourdement structurées socialement et administrativement, l’individu est généralement oublié, contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis qui accordent encore une certaine importance pratique à l’individu.
  2. L’individu est innovateur & moteur tandis que les structures et notamment le corps social sont naturellement conservatrices. La notion de corps social est large et mériterait d’être « segmentée ». C’est à la fois la société dans son ensemble et dans tous ses sous-ensembles. En ce sens très large, les sociétés au sens économiques et l’Etat en font partie. C’est l’individu le moteur. La société est à la fois le terreau et le bloquant. La société doit permettre à l’innovateur de déployer ses talents, mais elle ne pourra -à elle seule- innover sur des questions importantes.
  3. « L’innovation n’est jamais bienvenue », elle doit s’imposer au sein de la société alors même qu’elle apporte souvent des bienfaits immenses. L’innovation s’impose à la société par son utilité, c’est-à-dire par son efficacité globale, principalement économique mais aussi sociologique. De nombreuses innovations, y compris les vaccins, furent rejetées car elles n’étaient pas naturelles et pouvaient être dangereuses. La secte des Amiches continue de rejeter cette technique. L’église catholique a longtemps refusé de l’accepter. Louis XV, au XVIII° siècle a suivi les conseils des professeurs de la Sorbonne, sous l’influence de l’Eglise, et refusa de se faire vacciner contre la variole. Il est mort de cette maladie. Mais l’efficacité finit généralement par imposer l’innovation.
  4. Le dynamisme de l’innovation est régulé par la répartition du gain global qui en résulte, entre l’innovateur et les structures sociales. Cette vision de la régulation de l’innovation est une des clés du nouveau paradigme. Mais remarquons immédiatement que cette clé varie selon les sociétés et leur histoire. Elle n’est pas la même au Japon et en Chine, en Europe et en Amérique du Sud, aux USA et en Afrique ! Dans le temps, il existe aussi des différences. Ce qui était bon dans l’Europe du Moyen Age ne l’est pas nécessairement dans l’Europe du XXI° siècle.

À partir de ces caractéristiques, nous définissons l’innovation comme une création économique complexe dirigée par un individu.

Cette nouvelle vision ne contredit pas l’essentiel des anciennes analyses et théories, mais leur donne un éclairage nouveau. C’est un nouveau paradigme de l’innovation qui intègre les anciens paradigmes. Le modèle linéaire de Schumpeter, tel qu’il est généralement présenté de façon simplifiée, est une vision « martienne » de l’innovation ou un cas particulier lorsque certains paramètres sont bien réglés. Nous qualifions cette vision de « martienne » en ce sens que pendant plusieurs siècles les hommes ont « vu » des canaux sur Mars alors qu’il n’y a avait que des cratères. A force de prendre du recul, on ne voit que des formes sans signification réelle.

Le nouveau modèle présenté dans cette partie se fonde d’abord sur une nouvelle théorie économique de l’innovation que nous détaillerons en partie III, elle-même fondée sur la notion économique de valeur d’innovation autrement dénommée rente technique. Mais ce modèle va bien au-delà : il reprend la séquence descriptive de Schumpeter et en agence l’évolution sous la contrainte socioculturelle et sous la direction d’un innovateur. Ce nouveau modèle est fondamentalement humaniste dans ce sens qu’il fait porter la partie complexe de l’innovation, c’est-à-dire non rationalisable aujourd’hui, par l’homme qui reprend ainsi une place centrale dans le processus.

Le changement de paradigme est en cours depuis les années 50 : les premiers efforts conduisaient à une approche systémique, puis évolutionniste. peu pédagogiques, d'où le maintien de la vulgate mécanique faisant de l'innovation, la conséquence de la Recherche.
Le changement de paradigme est en cours depuis les années 50 : les premiers efforts conduisaient à une approche systémique, puis évolutionniste. peu pédagogiques, d’où le maintien de la vulgate mécanique faisant de l’innovation, la conséquence de la Recherche.

En trois mots, « création économique complexe », l’essentiel est résumé. Mais encore faut-il bien préciser ce que ces trois mots signifient ou révèlent :

  • une création, c’est-à-dire un acte de nature culturelle, géré par un ou des individus ;
  • économique, c’est-à-dire que cette création ressort pour l’essentiel de l’économie en ce sens que sa force, sa puissance et son potentiel résident dans un phénomène économique connu : la valeur d’innovation ou rente technique.
  • complexe, c’est-à-dire non cartésien et encore moins mécanique : la complexité des décisions, des processus et des facteurs fait qu’il n’est pas possible de traiter ce phénomène par une démarche analytique cartésienne classique.

L’économie, c’est la partie rationnelle de l’innovation, l’aspect le plus facile à décomposer de façon quasi-mécanique. Encore, cette décomposition mécanique n’a-t-elle pas été faite précisément jusqu’à ce jour. Et tout en restant conscient de la partie non rationnelle, nous voudrions au moins que cette partie rationnelle soit traitée comme elle peut l’être aujourd’hui (voir partie III).

L’innovation créée de la valeur économique, c’est sa nature fondamentale. Mais elle n’est pas d’essence uniquement économique. C’est aussi un acte de création sociale, régulée par la culture et organisée par des individus qui croient au progrès apporté par cette innovation. C’est une création économique complexe dont on va progressivement essayer de découvrir les principaux mécanismes.

Mais qu’est-ce qui peut donc pousser les hommes à changer ? D’un point de vue économique et rationaliste, c’est l’avantage pécuniaire qu’ils vont y trouver ; la sociologie et l’environnement ne doivent pas faire oublier que c’est le mécanisme économique rationnel qui reste au centre de la vision.

PLAN :

  1. Création
  2. Économie : 1 – La valeur d’innovation – 2 – Propriétés de la valeur d’innovation.
  3. Complexité : 1 – Une complexité intrinsèque – 2 – Une complexité culturelle – 3 – Une complexité sociale.
  4. Représentation allégorique : 1 – Synthèse : une création économique complexe – 2 – Un acte incertain dans un monde médiocrement rationnel – 3 – Représentation allégorique d’une innovation.
La nouvelle représentation graphique de l'innovation respecte les étapes de Schumpeter, mais derrière cette similitude macroscopique, il y a une totale modification du modèle qui passe du linéaire à une complexité en 3 dimensions.
La nouvelle représentation graphique de l’innovation respecte les étapes de Schumpeter, mais derrière cette similitude macroscopique, il y a une totale modification du modèle qui passe du linéaire à une complexité en 3 dimensions.

L’innovation est plus qu’un simple changement. Elle est d’une nature quasi-divine, comme le soulignaient nos ancêtres. L’innovation change la nature des choses. Elle impose une mutation à trois dimensions : individuelle, sociale et culturelle.

Le mot création a été choisi car il renvoie à la culture plus qu’à la sociologie. L’innovation est une création sous contrainte sociale et non une création absolue comme l’art . L’innovation est sous le contrôle continu de l’ordre social, c’est-à-dire des pouvoirs en place, depuis les détenteurs du pouvoir politique jusqu’à ses clients, c’est-à-dire de la société dans son ensemble.

Pour comprendre la question de l’accueil de l’innovation par le corps social, il est pos-sible de suivre de nombreuses approches théoriques, qu’elles soient structuralistes, indivi-dualistes ou autres. Nous allons utiliser une pédagogie plus imagée et facile à suivre : l’innovation est comme un produit étranger qui entre dans un corps et se trouve face à une réaction immunitaire. Le corps social se défend contre l’innovation qui est un intrus. Comme c’est le cas pour se défendre contre un virus ou une bactérie nouvelle, le corps social s’efforce de maintes façons toujours renouvelées, d’éliminer l’intrus. Il n’y a pas de logique rationnelle mais une logique vitale : le corps étranger est exclu ; ou doit l’être. Par mille voies, le corps social va s’efforcer de décourager l’innovateur de le marginaliser, de le rendre fou et surtout incapable de continuer son oeuvre.

PLAN :

  1. La question philosophique et culturelle du changement
  2. L’ordre social : 1 – Les cercles du pouvoir politique – 2 – l’ordre social des religions – 3 – Les entreprises et le pouvoir économique – 4 – Les Associations et les hiérarchies annexes de la société civile – 5 – La famille
  3. La réaction immunitaire : 1 – Pourquoi les hiérarchies ne sont pas faciles à bousculer – 2 – réaction immunitaire – 3 – Éliminer l’innovateur – 4 – Organiser la discorde
Louis Pasteur, Steve Jobs et Graham Bell, trois figures mythiques de l'innovation moderne - Tableau d'Albert Edefeldt en arrière plan représentant Louis Pasteur - Graham Bell, source Wikipedia - Steve Jobs, source inconnue.
Louis Pasteur, Steve Jobs et Graham Bell, trois figures mythiques de l’innovation moderne – Tableau d’Albert Edefeldt en arrière plan représentant Louis Pasteur – Graham Bell, source Wikipedia – Steve Jobs, source inconnue.

Dans la sociologie marxiste caricaturale, il n’y a pas d’innovateur car il n’y a pas d’individu mais des structures. Le scientifique lui-même n’est qu’un ouvrier de la science, un prolétaire intellectuel. L’innovation, source de progrès, est une conséquence normale de la société. Elle n’existe que par la société qui la produit. Dans cette construction simpliste, il n’y a pas de place pour l’individu, encore moins pour l’innovateur. La ruine économique de l’URSS et le basculement capitaliste de la Chine ont démontré la fausseté de cette conception.

Le rôle de l’innovateur est de prendre l’idée et d’en faire un produit économique. Cela peut prendre diverses formes :

  • créer un modèle économique
  • créer une anticipation collective d’acceptation de l’innovation qui fasse que le choix collectif soit évident et cohérent. Évidemment, cela sera d’autant plus facile que l’avantage économique sera évident.
  • finaliser un standard technique pour pouvoir en assurer la diffusion.

Il n’est pas possible de décrire de façon linéaire et quasi-mécanique le rôle de l’entrepreneur (selon Schumpeter), de l’individu (selon nous) et de l’Apkallu (selon les Mésopotamiens), mais simplement de donner quelques points de repère qui permettront de fonder une analyse circonstancielle sans jamais oublier l’essentiel.

Que l’innovateur soit un entrepreneur ou un intrapreneur. Qu’il soit un individu isolé et visionnaire ou un gestionnaire avisé de sa carrière. Il est toujours au centre de l’innovation. Un centre dont l’importance n’est pas toujours aussi grande, mais qui reste le centre.

PLAN :

  1. Un créateur
  2. Un découvreur
  3. Un médiateur
  4. Un preneur de risque
  5. Un alchimiste
Le cycle économique d'une innovation comporte une période de développement rapide après la mise au point technique. Lorsque le marché d'équipement est saturé, il ne reste plus qu'un marché de renouvellement. Des concurrents apparaissent aussi et font diminuer les marges. Puis, apparaissent les produ.
Le cycle économique d’une innovation comporte une période de développement rapide après la mise au point technique. Lorsque le marché d’équipement est saturé, il ne reste plus qu’un marché de renouvellement. Des concurrents apparaissent aussi et font diminuer les marges.

L’innovation est un phénomène complexe qui se déroule dans le temps. Au-delà des règles de base que nous avons essayées d’esquisser, il convient de donner des caractéristiques générales de ce processus pour compléter et illustrer le nouveau modèle. Il existe donc plusieurs chemins de ce processus d’innovation : social, économique, culturel, mais aussi réglementaire ou entrepreneurial.

Il s’agit ici de tenter de rationaliser ce qui est possible. Nous allons suivre cinq chemins, celui de la technique, celui de l’entreprise, celui de l’économie et celui de la fiscalité. C’est à l’innovateur (i.e. l’Apkallu) qu’il revient de découvrir le bon chemin dans chaque domaine avant qu’un jour, la compréhension approfondie de ces phénomènes ne permettent de l’aider dans ses choix.

PLAN :

  1. Social : acceptation
  2. Technologie : choix et standards
  3. Économie : déversement et modèle économique
  4. Entreprise : modèle & cycle
  5. Fiscalité & réglementation
  6. Typologie :1 – Typologie générale – 2 – Typologie sectorielle – 3 – Typologie culturelle
Le cycle entrepreneurial est différent du cycle économique. Il ne concerne que la phase de démarrage de l'innovation pendant la mise au point du modèle économique et le lancement du produit. Il comprend des phases de développement et d'ajustement.
Le cycle entrepreneurial est différent du cycle économique. Il ne concerne que la phase de démarrage de l’innovation pendant la mise au point du modèle économique et le lancement du produit. Il comprend des phases de développement et d’ajustement.

L’innovation est un phénomène lent malgré les brillantes exceptions. L’inventeur ne voit que rarement le fruit de son idée. L’innovateur ne reçoit que bien rarement le fruit de ses efforts. Contrairement aux mythes, l’homme n’aime pas la civilisation ! et les dieux qui se dévouent à civiliser l’homme (Enki et les Apkallus en Mésopotamie ; Prométhée et quel-ques autres en Grèce) ne sont pas forcément les bienvenus parmi les hommes, ni même parmi les dieux. Il faut de la ruse, non seulement pour dérober le feu aux dieux, mais aussi pour le faire utiliser par les hommes.

Et pourtant la concurrence est vigoureuse entre les entreprises autour de l’innovation, car le marché force à cette concurrence.

Essayons de démêler cette contradiction. Cela nous permettra de mieux voir et com-prendre le chemin complexe de chaque innovation et permettra de bien comprendre ce phénomène de l’émergence qui fait que l’innovation est à la fois un processus lent mais inéluctable en raison de la force économique interne de ce processus sous réserve natu-rellement d’un marché libre permettant à ces forces de jouer.

PLAN :

  1. Retour sur un concept flou 1 – Le concept d’émergence, tel qu’il est présenté généralement – 2 – Notre définition
  2. La lenteur de la diffusion
  3. Le marché libre est un stimulant efficace
  4. Freins : 1 – Dans les entreprises – 2 – Freins socioculturels – 3 – Freins économiques
  5. Force économique
  6. La complexité du chemin
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