Introduction

PREAMBULE

L’innovation, une affaire d’État !

Le Général de Gaulle et Georges Pompidou ont lancé la politique française de l’innovation dans les années 1960-70. Cette politique a d’abord été fondée sur de grands projets comme les fusées Diamant puis Europa et Ariane, le Train à Grande Vitesse, le nucléaire civil et l’Airbus. Dans les années 1980, en l’absence de nouveaux grands projets, la politique d’innovation a évolué vers un amalgame de programmes tels que la «filière électronique» ou Euréka. Cette politique se transforme progressivement en une politique d’incitation généralisée à l’innovation dans tous les secteurs : création des FCPR, d’OSÉO, de l’ANR, des pôles d’excellence, et du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI). Depuis la dernière élection présidentielle, le dispositif s’est enrichi de la généralisation du CIR, du financement TEPA et de la Stratégie Nationale de Recherche et d’Innovation coordonnée par le ministère de la Recherche, dont l’objectif essentiel est d’organiser la recherche.

Malgré tous ces efforts, les performances de l’économie française en général et celle de l’innovation en particulier, continuent de ne pas donner satisfaction et notre pays n’a pas encore trouvé la voie lui permettant d’améliorer ses résultats économiques. Les classements « innovation » placent généralement la France derrière l’Allemagne et la Grande Bretagne.

Pourtant, l’excellence du passé de la France dans l’innovation conduit à penser que certains de nos « fondamentaux » sont sains : l’automobile et l’aviation au début du XXème siècle, la grande distribution, l’énergie nucléaire, la conquête spatiale, le transport à grande vitesse durant la 2ème moitié du XXème siècle, sont autant de démonstration de nos capacités fondamentales. En d’autres termes, nous pensons que, mis dans un environnement favorable et adapté au XXIème siècle, les Français sont susceptibles de redevenir les grands innovateurs qu’ils furent dans le passé.

Ce rapport propose d’orienter la politique française d’innovation autour de la fonction d’innovateur et de son environnement ou écosystème, afin de redonner à l’esprit créatif des Français un cadre dans lequel il pourra s’épanouir et développer les innovations de demain.

INTRODUCTION

Impact économique et social d’une nouvelle politique de l’innovation

L’innovation est le moteur de notre développement futur, comme il a été le moteur de notre richesse passée.

Pas de croissance sans innovation

Les économistes s’accordent sur le fait que l’innovation constitue l’essentiel de ce qui était autrefois appelé le « facteur inexpliqué », soit environ la moitié de la croissance française depuis 1945. En réalité, l’innovation étant souvent un facteur de baisse du prix nominal, certains pensent que plus des ¾ de la croissance s’expliquent par l’innovation.

L’innovation doit être encouragée à tous les niveaux, depuis la plus petite amélioration – que les Japonais dénomment Kaïzen – dont l’accumulation permet des améliorations sensibles de la productivité, jusqu’à l’innovation de rupture qui ouvre des marchés nouveaux en se fondant sur des idées nouvelles.

Les gagnants de demain seront les pays qui sauront développer ces innovations, ouvrir de nouvelles voies de développement et imaginer de nouveaux modèles techniques et économiques.

Mieux utiliser la capacité de l’innovateur

Nous constatons partout dans le monde que les efforts de recherche ne suffisent pas à relancer l’innovation si l’on n’est pas capable d’exploiter économiquement cette recherche. Or, l’innovateur est le meilleur agent de transformation des idées de la recherche en objets économiques.

Cet innovateur peut être indépendant ou travailler au sein d’une entreprise. Il est l’accélérateur ou le catalyseur entre les entreprises, les administrations et les chercheurs. C’est pourquoi, nous nous efforçons de définir et de faciliter les nouvelles relations avec son environnement que nous appelons l’écosystème de l’innovateur. Exemples :

  • L’administration doit devenir un partenaire de cette innovation et donc de l’innovateur ; elle doit trouver les moyens d’accompagner la conquête de nouveaux territoires économiques et non la ralentir.
  • Il faut qu’il puisse exister un véritable partenariat entre chercheur et innovateur, permettant de les associer dans la construction du succès.
  • De même, l’inventeur en entreprise doit être mieux reconnu et associé aux résultats de ses idées.
  • Il faut enfin que les grandes entreprises mettent systématiquement en place des partenariats avec les PME innovantes et saisissent leurs opportunités.
  • En retour, les innovateurs doivent être à la hauteur des attentes du pays et c’est la raison pour laquelle il faut organiser et encourager une formation à l’innovation.

C’est donc un projet national que propose ce rapport, un projet de modernisation des mécanismes fondamentaux de l’innovation.

Exemple :

Un « grand programme voiture électrique » doit-il être lancé?

Pourquoi ne pas lancer un grand programme « voiture électrique », alors même qu’une partie de ce programme est déjà en place : commande publique annoncée, puissance de nos industriels actuels dans et hors de l’automobile, avancée de nos laboratoires dans les batteries et les piles à combustibles. Au contraire, d’autres soulignent que l’exploitation du domaine maritime, l’énergie de fusion ou le solaire méritent un tel soutien.

C’est au Gouvernement de faire ce choix en liaison avec les entrepreneurs.

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